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CHAINDIA

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71322589_1960023210768007_8477533493977415680_nLe travail dans les champs de maïs terminé, les ouvriers sont heureux de se retrouver à l’ombre d’un arbre. La légère brise rafraîchit leur visage rouge de chaleur.

Lentement ils se dirigent vers la ferme où un bon vin leur sera servi. En arrivant l’un d’eux s’aperçoit qu’il a oublié sa pioche dans les terres. Et pensant que son maître va le châtier, il s’écrit tout haut :

 » Je donne dix sous à celui qui me la rapporte !  »

Chaindia la jeune servante l’entend et, immédiatement se propose. Aussitôt, elle s’élance à travers les grandes herbes sèches. Le soleil danse encore dans le ciel et ses rayons brûlent son visage. Elle ne sent rien ni même les gouttes de sueur qui glissent généreusement dans son corsage entrouvert.

L’ouvrier regrettant alors de donner son argent se met à jurer tout haut:

 » Si le diable pouvait au moins l’emporter !  »

La jeune fille qui avait saisit la pioche, à cet instant se trouva propulsée dans les airs. Elle se débat ne pouvant se libérer de cette force qui l’entraîne.

Ses cris alertent les paysans et les villageois qui accourent pour lui porter secours mais en vain. Elle sent les mains du diable l’enserrer davantage jusqu’à presque l’étouffer.

Ses forces s’amenuisent peu à peu.

Ses membres commencent à s’engourdir lorsqu’elle aperçoit au-delà de Mendive la petite chapelle de St Sauveur.

Un regain d’énergie lui donne le courage de laisser s’échapper dans un dernier soupir :

 » St Sauveur ! Ayez pitié de moi !  »

Aussitôt, la grâce la touche et elle se retrouve hébétée sur la terre ferme devant la chapelle.

© EMC Eguimendia le 20/07/2018

 

D’après un conte basque tiré du livre  » Légendes Basques de Jean Barbier

REFLET D’AMOUR

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REFLET D'AMOUR

Son corps nu,
Endormie sur le lit,
Il la regarde
Il l’admire
Il la désire.
Le souffle léger du vent
Caresse son ventre,
Y dépose la fraîcheur
Du matin
En un long baiser
Sur sa peau soyeuse.
Cet air vivifiant se glisse
Tout doucement jusqu’à la pointe
De ses seins généreux.
Et enveloppe son corps nu
De son ardeur glacée.
Elle dort,
Elle rêve,
Il la regarde,
Il la désire.
Il ne peut se résoudre
A la toucher.
Il laisse la brise du vent
S’emparer de ce corps nu
Sur le lit,
Endormi,
Tel une offrande.

MC Eguimendia 27 Juillet 2013

LE CHAT AU DOUX REGARD

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LE CHAT AU DOUX REGARD

Un chat de passage
Abandonné dans sa jeunesse
Se prit d’amitié d’un papillon.
Un beau chat roux
Au doux regard
Tendre et félin,
Ronronnant à la moindre caresse.
Un amour de chat,
Ne quittant pas des yeux
Son papillon volage.
Les jours s’en vont
Les semaines passent.
Patiemment, il attend
Le retour de son papillon
Parti butiner en quelques lieues.
Il reviendra, il le sait,
Il l’aime d’un amour tendre,
Passionné.
Il attend son papillon volage,
Sa confiance en lui demeure
Pour l’éternité.

MC Eguimendia 26 Juillet 2013

Le compte du temps

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Le compte du temps

Un chat fort expérimenté
Ayant parcouru le monde
Et dont le savoir est évident
Vivait tranquillement.
Il s’était pris d’affection
Pour un oiseau de paradis,
Une bête estimable
Dont l’intelligence le charmait.
Ses griffes l’entouraient, le pautraient,
Sans lui donner de blessures.
Car la musique de sa voix
Le captivait et l’inspirait.
Un papillon se posa
Malencontreusement près du chat,
Qui intrigué, se réjouit.
Ses préjugés envers cet insecte s’évanouirent.
Il se dit qu’une telle rencontre
Est prétexte à s’adonner
A un tout nouveau jeu.
Le jeu du chat et de la souris
Etant révolu.
Sa prévenance est alors considérable
Et remplie de petites attentions.
L’oiseau, se voyant écarté,
N’apprécie pas cette créature volante.
Il devient aussi son compagnon,
Un peu cynique et plein d’humour.
Le papillon étant éphémère,
Poète à ses heures,
Se laisse bercer par ces paroles harmonieuses.
Il n’écoute plus la brise du vent
Qui lui souffle de fuir.
Son temps est compté.

MC Eguimendia 23 Juillet 2013