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LE SOUVENIR D’UN NOM

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ILARGI

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Ilargi la lune 004

[ Une dérive picturale et un texte écrit dans une version atypique et personnelle d’après Des contes et des légendes du Pays Basque ]

A travers les bois la brume se mêle aux sorciers qui dansent. Leurs silhouettes difformes frôlent les arbres et semblent pénétrer les troncs couverts de mousse.

Une atmosphère inquiétante se dégage de cette pantomime morbide. Des gestes vulgaires s’allient à une sorte de monologue faisant frissonner quiconque s’aventurerait dans ce recoin de forêt.

Les comparses communiquent dans un langage que nul ne peut comprendre………..une sorte d’incantation……….

Leurs mouvements désarticulés provoquent la peur, et semblent narguer le petit croissant de lumière qui essaie de transpercer le voile sombre du brouillard.

Peut-être était-ce qu’une hallucination………que ce n’était qu’une anomalie de la nature………..Que toutes ces ombres mouvantes n’étaient que des morceaux de voile de brume se détachant du manteau de la nuit……..Une infime illusion procurée par les reflets lumineux de la lune à travers les arbres……………

Pourtant on ne peut être désabusé par ce spectacle fascinant et fantasque à la fois.

Un rayon de lune se dépose sur les visages grimaçants. Tant de turpitude ne laisse pas indifférent.

Les êtres égarés sont entraînés dans cette danse infernale jusqu’à les étourdir et les ensevelir dans la terre souillée d’excréments mêlée de feuilles mortes.

Une odeur infecte s’en échappe provoquant l’écoeurement.

La terre ne veut plus subir cette cruauté. Elle se rebelle.

A sa manière, Ilargi (1) la lune essaie de se manifester en lui apportant son aide.

Elle n’est encore qu’un petit croissant et ce n’est que momentané……………Mais dès qu’elle aura atteint sa rondeur flambloyante, elle chassera le désordre.

De son halo doré, Ilargi rétablira le calme sur la terre.

(1) Ilargi : La lune

© Marie-Claude EGUIMENDIA le 27 Juin 2015

D’après le récit : La fleur du soleil du livre de contes du Pays Basque de Michel COSEM

LA FLEUR DU SOLEIL

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Fleur du soleil 2015 008

[ Une dérive picturale et un texte écrit dans une version atypique et personnelle d’après Des contes et des légendes du Pays Basque ]

L’étrangeté du sombre, du noir, sourd autour de soi.

Comment s’extraire de cette ambiance apeurante ?

Les démons jaillissent de cet antre impressionnants; des chevaux ailés et des serpents s’en échappent………..

Les enfants crient et pleurent. Les hommes se battent et sont réduits à satisfaire cette nature malveillante. Il ne reste qu’à se réfugier auprès de Amalur (1) et implorer la lumière du réconfort.

Si toute plainte est entendue, elle n’est peut-être pas résolue d’office. Car la douceur et la clarté de Ilargi (2) qui leur est offerte, la fuite des génies, ne dure que très peu de temps.

Les sorciers et les fantômes reviennent hanter les êtres qui effrayés redemandent de l’aide. Alors Alamur crée Eguzki (3) le soleil qui dispersa ses rayons procurant joie et bonheur de vivre. La nature devint luxuriante.

Seulement ce moment heureux disparut aussi vite qu’il était arrivé.

Le peuple se lamente encore à propos de tous ces maux revenus causer sa perte.

Lassé des gémissements incessants, Anamur manifeste son mécontentement.

La promesse d’un répit enfin se réalisera sous peu. La naissance d’une jolie fleur bleue à la fois piquante et douce fera fuir toutes ces ombres maléfiques.

Elle se nommera Eguzkilorea………Fleur du soleil.

(1) Amalur : le Terre

(2) Ilargi : La lune

(3) Eguzki : le soleil

(4) Eguzkilorea : Fleur du soleil

© Marie-Claude EGUIMENDIA le 25 Juin 2015

D’après le récit : La fleur du soleil du livre de contes du Pays Basque de Michel COSEM

LE PARI DU MULETIER

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Les deux muletiers 2015 007

 

[ Une dérive picturale et un texte écrit dans une version atypique et personnelle d’après Des contes et des légendes du Pays Basque ]

Le prix à gagner étant d’être le meilleur dans un pari immature. Le remporter sans aucune concession.

On s’interroge alors sur les talents d’un comédien indifférent au désespoir de son ami.

Voilà comment abuser et dépouiller l’autre dans un semblant d’honnêteté.

Impuissant le pauvre muletier se réfugie sous un pont n’osant rentrer chez-lui pour avouer ce désastre à sa femme. Se damner dans un pari auquel il n’aurait jamais dû participer………

Il est perdu dans son désarroi………..Quand dans le début d’une nuit chaotique, une irruption surnaturelle lui apparaît sous les traits d’une belle femme. Il est tout d’abord terrifié.

Est-il victime d’un spectacle de magie noire ?

Est-ce une fée ou une sorginak ?

Elle s’approche et le rassure. Puis elle lui prodigue quelques conseils pour lui permettre de racheter sa faute.

Apporter le réconfort à une mère malade, la délivrer des superstitions qui la rongent et du doute qui s’est insinué en elle.

Alors il part seul sur la route pour la rencontrer et lui conter sa mésaventure.

Il n’est que l’exécuteur d’un personnage suspect, d’une malédiction qui doit être effacée.

La malade se rend compte, et dans son propre reflet du miroir revoit le délit.

Alors elle s’empresse de donner sa confiance dans la force de celui qui est venu la guérir.

L’honnêteté du muletier eut raison de tous ces maléfices. La paix vint en lui.

Quant au parieur vaniteux, il fut emporté dans les eaux tumultueuses de la malédiction des sorginaks.

Ecoutez sous le pont……………On entend encore les clapotements gémissants de ses cris…………..

© Marie-Claude EGUIMENDIA le 5 Juin 2015

D’après le récit : Les deux muletiers rapporté par Julien Vinson dans LES CONTES POPULAIRES BASQUES de Mixel Esteban

LE DERNIER TRAIN

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image Silence pour un dernier voyage

Voyageur de la solitude

A-t-il atteint la sérénité

Aux derniers jours qu’ils lui restent ?

A-t-il été aimé, admiré !

Un éclat de lumière glisse

Jusqu’à lui qui laisse échapper un soupir

Se demandant si sa mère l’a aimé.

C’est elle qu’on appelle

Celle qui vous a gardé dans son ventre

Celle qui a souffert pour vous mettre au monde.

Et celle qui n’est plus là

Pour vous réconforter

Dans les derniers moments.

Chercher à être admiré

Pour combler ce manque

L’avoir été procure certainement

Une satisfaction jouissive

Qui ne dure pas dans le temps.

Avoir été adoré

Mais avoir peur de ce pouvoir

Qui asservit l’esprit

Rester encore dubitatif

Devant une admiration idolâtree.

Avoir été aimé pour ce que l’on est

Pour son caractère quel qu’il soit

Pour son corps affaibli ou laid.

 L’a-t-il vraiment connu?

L’a-t-il accepté ?

L’a-t-il compris ?

Comment croire à un tel sentiment ?

Dans le doute de tous ces gens

Qui nous démontrent par le biais de la publicité

Ce qu’est le vrai Amour

Par la beauté et l’argent.

Tellement d’ombres rôdent,

De promesses douteuses,

Ne pas commettre d’erreurs,

Essayer de vivre encore pourtant.

Et quitter la vie, agoniser

En se demandant encore

Si l’on a été vraiment aimé.

Le dernier train à ne pas manquer est arrivé.

Seul sur le quai

Il part sans regrets

Puisqu’il a aimé.

Emc Eguimendia ©  le 23 Juillet 2014

LE PORTAIL DE LA VIE

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Le portail de la vie s’ouvre sur des jours incertains

Des jours heureux

Des gens rencontrés par hasard

Des rencontres sans lendemain, parfois.

Tous ces gens qui passent et ne s’arrêtent pas,

Ne vous regardent pas.

Une foule de personnes

Comme dessinée sur une toile.

Une foule mouvante, et pourtant sans vie.

Tous ces êtres humains qui marchent,

Avancent vers un endroit……….Mais lequel ?

Ils bousculent ceux qui se trouvent sur leur passage,

D’un coup de coude,

Sans même perdre le temps de s’excuser…………

Le temps passe si vite,

Il faut le rattraper,

Et surtout ne pas le laisser s’échapper !

Englouti dans ce milieu

Comme dans un tas de couleurs éparpillées sur la toile.

Aucune parole,

Aucun signe de vie,

Si ce n’est que ces couleurs bougent,

Et qu’elles se déplacent dans un brouhaha assourdissant.

On ne peut les retenir pour les découvrir,

Apprendre à les aimer.

Elles fuient, elles courent presque !

Peut-on y déceler le sens du mot Amour ?

Pour qu’enfin cette mouvance colorée puisse se poser sur le tableau

Comme une ambiance chaleureuse,

Et que toutes ces couleurs puissent illuminer 

De vie un petit coin de notre coeur.

Cette vie qui veut rester éternelle même si le corps est déjà mort.

 

 © Marie -Claude EGUIMENDIA le 30 Mai 2014

 

UN LIVRE SUR LE SABLE

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Un livre sur la plage oublié sur le sable, me tend les bras de ses pages ouvertes.

Mérite-t’il d’être lu, d’être ramassé ?

Me racontera-t’il des horreurs ou des histoires joyeuses ? Quel est l’auteur ?

Me satisfera-t’il ou m’induira-t’il vers de sombres pressentiments ?

Un livre oublié n’est pas un livre choisi. Peut-être que lui m’a choisi ! Se trouvant là au cours de ma promenade………

Ses pages dansent au moindre souffle marin. Il est là comme un trésor à peine découvert. Et ma curiosité éveillée me titille pour que je le saisisse. Ce bien précieux offert par hasard………..

Une sorte de rencontre littéraire, une ouverture d’esprit et d’aventure.

Je suis émerveillée, et même s’il ne m’apporte pas la joie escomptée, je serai heureuse d’avoir connue cet agréable moment.

J’aurais partagé des récits inédits qui auront comblé une partie de mon coeur.

Le vent et le sable s’amusent à feuilleter les pages pour me décider à emporter cet ouvrage lu et peut-être relu.

Il semble me faire un signe, et un seul mot  » Amour  » me pousse enfin à le saisir et à l’enfouir dans ma poche. Son contact me procure un tel plaisir que j’ai hâte à le lire.

Je continue mon chemin. Mes pas dans le sable laissent l’empreinte d’un jour de bonheur.

Car le livre est une personne qui partage un petit coin de son âme pour le plaisir de celui qui a réussi à le comprendre.

 

@MC EGUIMENDIA le 8 Mai 2014