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LA PORTE

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La fillette aux boucles d’or gravit les marches quatre à quatre. Les planches grincent sous ses pas.

Une sensation, une perception. Quelqu’un la suit, l’observe.

Tous les soirs, elle monte se coucher avec cette appréhension.

Le couloir est sombre. Ce couloir au fond duquel on aperçoit un escalier de bois à moitié rongé par les années. Pas de lumière, les pièces froides et obscures ne laissent passer aucun rayon de joie.

L’enfant n’ose s’aventurer, elle perçoit de la peur.

L’horreur d’avoir peur du noir, du sombre, de la mélancolie, de la folie…………….

Elle ne peut plus respirer. Elle étouffe, suffoque. L’air ne circule plus et ses narines se pincent. Son coeur palpite et s’emballe.

Sa peau bleuit. Son sang s’engourdit dans les vaisseaux dilatés, prêts à éclater.

Une douleur s’insinue en elle et s’acharne sur son corps; seule dans sa souffrance.

Crier ………..Appeler ? Qui ? Sa mère ?…………………….Puis sentir sa chair devenir flasque jusqu’à quitter ce corps qui lui fait tellement mal.

A-t’elle encore la force de monter ces marches ?

L’effort se ressent jusque dans ses os qui lui semblent s’effriter à chaque mouvement. Un pas puis un autre. La souffrance s’amplifie, et dans ses yeux des perles commencent à luire. Elle les retient précieusement pour ne pas pleurer. Ne pas montrer son désarroi devant son impuissance à être une fillette comme les autres.

Se mordre les lèvres jusqu’à ce qu’une goutte de son sang glisse dans sa bouche…………. L’avaler et en garder le goût de l’amertume.

Elle continue à grimper cet escalier qui lui semble interminable.

Et elle voit d’horribles espèces d’insectes autour d’elle essayant de l’agripper, étendant leurs longues pattes filiformes pour saisir ses belles boucles blondes.

Elle se débat, secoue sa tête de marionnette dans tous les sens. Ebouriffée et étourdie, elle tente de leur échapper.

Ses oreilles résonnent du rire sinistre de ces êtres malfaisants. Elle ne peut crier, prise au piège de son angoisse.

Pourtant elle résiste, trébuche sur une lame de bois vermoulue, tombe presque sur le bord de la marche.  Son genou lui hurle sa douleur. Alors un regain d’énergie la surprend, et elle se hisse au sommet.

La sueur de l’effroi perle encore sur son front…………….

Cette porte tant désirée est là, prête à s’ouvrir sur la sérénité de son avenir.

14janvier2010 033

MC Eguimendia le 4 Février 2014