Archives de Tag: femme amour

LE SOUVENIR D’UN NOM

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L’INDIFFERENCE

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Contester le silence

Se perdre dans la souffrance

Le visage déformé de douleur

Sans pouvoir crier son innocence.

Rester dans l’indifférence.

Banni d’avoir osé

D’avoir dit la vérité.

Une lutte quotidienne pour survivre,

Essayer de se délester du garrot de l’adversité.

Perdre et rester honnête

Gagner le mépris de l’incompréhension

Coupable d’être différent,

Et d’avoir cru à la bonté humaine.

Se retrouver dans la solitude.

Un râle de cri dans la voix

Qui se meurt lentement.

La mémoire des jours s’échappe

Emportant avec elle

La moindre parcelle de raison.

Oublier l’indifférence.

Oublier ce corps qui ne répond plus,

Enchaîné aux dernières pages d’un vécu.

Dans l’impossibilité de ranimer la flamme

Qui se consume vers la délivrance.

Rester dans l’indifférence

Sans attendre de sollicitude.

Une vie dure

Que nul ne souhaiterait,

Vivre dans l’indifférence.

MC Eguimendia le 19 Mars 2014

UN DOUX MOMENT

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Elle a hâte d’arriver auprès de lui, de passer son après-midi à lui parler des choses de la vie. Lui montrer des photos, des souvenirs…………….

Sur le chemin, ses pas résonnent. Elle ne les entend plus, perdue dans ses pensées.

Parfois le cri d’un oiseau la ramène sur le parcours de la réalité.

Les odeurs de la nature qui renaît lui titillent les narines lui rappelant son enfance lorsqu’elle parcourait la campagne. Ces parfums-là ne s’oublient pas.

Elle aimerait pouvoir les ramener avec elle et les offrir à celui qui l’attend. Car ce que l’on sent ne peut se dire en paroles. Ce sont seulement des sensations, des instants subtils, une euphorie impalpable………….

Elle est heureuse de le retrouver, et marche rapidement pour être plus vite à ses côtés.

Le gravier crisse sous ses bottes. Plus que quelques mètres, et voilà qu’elle grimpe les marches de l’escalier, impatiente de le serrer dans ses bras.

Elle est arrivée. Elle pousse la porte, et enfin le trouve allongé dans son fauteuil.

Il l’attend. Il l’a voit. Et son regard intense la fixe.

Une lueur de joie scintille dans ses yeux.

A sa façon, il accueille sa fille. Lui qui ne peut plus bouger ni parler.

Alors son visage se détend, et ses yeux lui racontent sa joie de la voir. Un doux moment de partage entre le père et sa fille…………..

Elle s’assoie près de lui, et lui prend la main. Cette main si fragile et sans vie, qui a tant travaillé.

Elle dépose un doux baiser sur sa joue fripée tout doucement en signe de salut respectueux. Une larme glisse le long de son visage……………..La présence de sa fille le rend heureux. Il n’est pas seul.

Parfois, elle reste des heures à le contempler. Il s’est assoupi. Pourtant, elle ne peut détacher son regard de ce corps meurtri qu’elle aime tant.

Elle caresse ses mains. Et ce contact apaisant le rassure.

Elle essaie de lui donner sa chaleur et son énergie dans un dernier geste d’amour qu’une fille peut donner à son père……………

MC Eguimendia le 18 Février 2014

LE CIRQUE DE LULU d’après l’opéra  » LULU  » d’Alban BERG

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Pitié ! Ménagerie impitoyable !

Chevaux, lions, hommes, femmes…………

Tout ce fouillis d’êtres fantastiques, parfois monstrueux, s’affrontent sur la scène de la vie.

Un spectacle étrange où parmi cette mascarade une jeune femme ne ressemblant en rien à ces êtres, joue de ses charmes. Parmi tant de surprenantes situations, Lulu s’intéresse au jeune clown. Reine de la nuit et du jour, elle s’abandonne à son peintre préféré. Puis le quitte pour son ami banquier.

Sa morale ne respecte pas ses amants.

Son peintre n’est plus……….Sa médiocrité l’a perdu !

Lulu, femme-enfant, s’ennuie.

Eveillée par la musique et le tapage du cirque de la vie, elle jouit de ses atouts, se prêtant au jeu de l’opéra burlesque.

Femme réduite à séduire, elle feint de croire qu’on l’aime, implorant chaque jour plus d’attentions.

Quiconque veut la dompter ne rencontre que la haine. Femme envoûtante dont les lèvres laissent deviner une douceur morbide.

Belle dans sa chair qui l’entraîne dans la décadence jusqu’à tuer…………….

L’imaginerait-on bouleversée par tant d’hostilité ?

Pourtant, elle sent avec consternation son dernier jour de gloire arrivé.

Quant à tous ces êtres mi-humains mi-animaux, ils se pressent autour d’elle réclamant vengeance.

Alors Lulu, cédant à la panique se laisse emporter dans le trou béant de la mort.

MC Eguimendia le 12 Janvier 2014

SOUS LA PLUIE

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_ Une larme perle et roule sur sa joue froide.

Assise en terrasse, elle écoute la pluie danser sur les pavés gris bleutés. Des reflets de lumière scintillent et jouent de leurs éclats dans ses yeux qui lui font mal d’avoir tant pleuré.

Des passants se dépêchent d’aller s’abriter, et leur parapluie les cache de son regard. Bien qu’elle ne les voie plus à travers ce voile humide qui s’est formé devant ses yeux.

Son chagrin la ronge insidieusement.

Si elle pouvait émerger de ce mauvais rêve !

Comment une jeune femme si gaie et si souriante peut-elle être triste ?

Son dynamisme fascinait son entourage. Elle donnait l’impression d’une personne désinvolte.

Pourtant, elle n’a pu empêcher d’entretenir une erreur pitoyable qui l’a conduite au désastre.

_ Ce soir, à la nuit tombante, les chants de Noël résonnent dans les rues jusqu’à ses oreilles qui lui font tellement mal d’avoir trop entendu d’horreurs, de ne pas avoir été ce que l’on attendait d’elle.

Son coeur battait la chamade chaque jour qui lui était donné. Puis le silence s’est glissé dans sa vie.

Sa joie l’a quittée. Elle a perdu peu à peu conscience de son existence physique.

Maintenant, il est trop tard………….

Son corps est envahi d’une douce torpeur tel un poison imprégnant sa chair de douloureuses stigmates.

_ Et ce soir, en ce jour de fête, on entend plus que le cliquetis des gouttes de pluie sur le pavé.

Assise, ne pouvant se lever, sa tristesse laisse échapper un râle d’agonie à peine perceptible.

Elle n’a plus la force, plus le courage…………….

_ Des rires au loin, cachés sous les parapluies. Des rires de joie et de fête pour célébrer Noël lui déchirent le coeur.

Et puis, elle a senti ce soir, une fois de plus, combien lui manquait la personne qu’elle aimait le plus au monde……………

MC Eguimendia le 21 Décembre 2013

Sensibilité

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Jamais elle n’avait paru si nue et si transparente.

Assise par terre, d’un air résigné, dans le silence du lever du jour. Dans le jardin de la vie, elle se revoit riant et criant sa joie. Aimant de toute son ardeur, et le proclamant haut et fort.

La souffrance de son enfance désormais enfouie lui donne la force d’être elle-même.

Il est fini le temps où elle craignait les moqueries. Elle laisse dire tous ces ragots.

 » –  Ma fille, tu es dans l’erreur !

– Tu dois te cacher,

– Tu dois souffrir,

– Aimer et mourir.  »

Cette musique lancinante de sons incohérents la pénètre et la fait frissonner.

Il y a des instants où cette mélodie disgracieuse s’estompe. Le froid s’est évanoui, elle sourit et chante.

Alors, elle apparaît stupéfiante, presque fière. Une frêle créature remplie de joie agréable à regarder comme un joli fruit pas tout à fait mûr.

Les sons musicaux des bavardages reviennent lui susurrer:

 » – Bats-toi !

– Existe, sois dure, blessante et exigeante !

– Ta vie est ainsi faite !

– Acceptes-la !

– Ne sois pas simplette et naïve !

– La gentillesse n’est qu’intérêt, la simplicité de la médiocrité !

– Les sentiments n’existent pas !  »

Et la Sensibilité ?

Une jeune fille nue et presque transparente, un matin, s’en est allée, par pudeur.

MC Eguimendia le 11 Décembre 2013