LE CHIEN AUX YEUX DE BRAISE

Par défaut

le chien 2015 003

 [ Une dérive picturale et un texte écrit dans une version atypique et personnelle d’après Des contes et des légendes du Pays Basque ]

Oh la ce chien

Qui me suit

Qui me regarde

De ses yeux de braise.

Ni beau, ni laid,

Son regard vous transperce.

Il est le gardien d’une âme en peine.

Il vous suit

Pour vous rappeler à vos obligations.

Respecter l’être qui a vécu

Et qui gît hors de cette tombe.

Ayez la complaisance

De lui accorder une ultime requête.

Celle de l’honorer lors de votre fête,

Lui accorder le dernier pardon

Avant de savourer le bonheur de vos noces.

Le sorgin (1) vous le suggère !

L’installer à votre meilleure table

Et le traiter comme un roi.

Votre honneur en sera sauf

Et ce chien qui vous regarde

Pourra rejoindre l’âme

De son défunt maître.

© Emc Eguimendia le 22 Mai 2015

Référence au conte : Le chien aux yeux de braise [ Contes Du Pays Basque par Michel Cosem ]

(1) sorgin : sorcier

SAISON D’HIVER

Par défaut

Saison d'hiver 2014 007

Taire les beaux jours, les souvenirs heureux, les meilleurs moments.

Insensible aux bruits de la ville, à tous ses artifices. Marcher dans la froidure de l’air qui semble vous engourdir.

Les gouttes de pluie transformées en papillons floconneux tourbillonnent. Et se déposent délicatement sur les cheveux, caressent le nez, puis les joues rougies. Pour ensuite s’introduire entre les lèvres endolories.

Un goût d’amertume à peine léger pénètre sa langue.

Alors l’esprit s’éloigne et se laisse envahir de pensées égarées…………

Les pas craquent dans la neige. Ils semblent résonner dans son coeur.

Pourtant son visage s’éclaire d’un sourire. Son âme a rejoint la sérénité.

L’effleurement de toutes ces couleurs clinquantes lui importe peu. Tout celà n’est qu’illusion dans sa paix intérieure…………..

Revenir au temps, où durant cette période, son père l’amenait dans les bois à la recherche du plus beau sapin. Une façon d’honorer Noël !

Marcher à ses côtés, écouter la nature, respirer. Essayer de suivre ses grands pas d’adulte, monter et escalader les côteaux. Entendre son souffle rapide et sentir le froid revigorer le corps.

Avancer dans les broussailles, à travers les ronces.

Et puis enfin avoir les yeux brillants de la joie de la découverte.

Un genévrier, petit arbre de Noël caché dans un bosquet. Ses délicieux arômes musqués titillent les narines, et malgré ses piquants qui blessent les doigts, le bonheur de ce moment partagé reste gravé dans la mémoire………

– Un gros flocon s’acharne sur ses yeux……………

Elle se surprend à penser qu’elle déteste la ville. Cette immensité où règne l’indifférence, elle la subit. Elle l’apprécie néanmoins par nécessité. 

Alors dans sa chambre sous les toits, elle essaie de l’effacer. Elle regarde par la fenêtre  le ciel bleu de l’espoir devenu gris cotonneux.

Elle sait ne pouvoir suivre le mouvement, courir après quelque chose que personne ne peut atteindre.

Elle a déjà lové au creux de son coeur ce petit rien, ce petit brin de vie qui ne se veut pas matérialiste.

ll n’est pas d’ici. Il est d’ailleurs…………..

C’est son père qui lui a fait entrevoir lorsqu’elle était enfant. Elle l’avait presque oublié !

Et aujourd’hui au milieu de l’euphorie des fêtes, ses yeux voient.

Qu’importe ces instants de joie factices. Son plaisir est dans l’intemporel.

L’enchantement renaît d’un éclat de regard croisé dans la rue, d’une voix, d’une odeur. Dans le sourire émerveillé d’un enfant devant les vitrines décorées.

Et pourtant, dans le regard de l’enfant, on perçoit une étincelle de tristesse qui laisse deviner le conflit de la richesse et de la pauvreté.

Ses paupières se ferment sur cette détresse qu’elle ne peut empêcher……………….

Les flocons s’attardent sur son corps qui a froid, et qui tremble de la fièvre de ce que lui offre ce monde.

Ses pas dérapent sur la chaussée glissante.

Elle voudrait courir se réfugier dans sa petite chambre, dans les jours heureux du passé, et retrouver le temps de l’innocence.

Elle voudrait s’endormir dans cette neige immaculée…………

Elle glisse sur les pavés enneigés………..se mord les lèvres, et dans le froid……….elle se souvient………..

Un petit sourire apparaît………

Elle sait qu’elle a déjà quitté ce monde qui n’est plus le sien.

© Marie-Claude EGUIMENDIA                 le 11 Décembre 2014

Le quotidien

Par défaut

Le quotidien

Il nargue chaque jour de sa langueur, de son passé.

Il lasse et devient routine,

Il se cache sous les rides et les plis de la peau,

Il souille les chairs.

Qu’importe la jeunesse

Puisqu’il s’amuse à jeter son dévolu sur ce corps.

Et dans ses yeux,

Il laisse deviner le dernier soleil couchant

Où il a appris à aimer, à désirer, à détruire.

Le quotidien ne se dérobe pas à l’enveloppe charnelle.

Il séduit de ses beautés superficielles,

Et s’ouvre à la nouveauté,

Aux désirs inavoués.

Il se veut impur, parfois brutal,

Il se reconnaît dans les pleurs d’un enfant

Qui a faim de nourriture et de justice.

Il continue d’offrir sa souffrance au monde en guerre,

Et reste prisonnier de l’indifférence.

Le quotidien d’un confort caché,

Dans son loft aux douceurs enchanteresses,

Apporte quiétude et baume au corps.

A travers les rideaux tirés,

Une fenêtre s’entrouvre laissant transparaître

Un peu de joie, un peu d’espoir.

Mais le quotidien palpite

Aux sons des battements du coeur devenu sourd.

Il avance et se prolonge dans le temps,

Dans chaque histoire, chaque destinée,

Jusqu’à y laisser son empreinte indélibile.

©  Marie-Claude EGUIMENDIA le 3 Décembre 2014

TOOK THE SEASHORE ROAD

Par défaut

Tableau sur toile 80 x 80 cm Technique mixte signé Emc Eguimendia réalisé d’après un poème de Lawrence Ferlinghetti  »   » dans le cadre d’une exposition virtuelle organisé par IMMAGINE & POESIA

http://immaginepoesia.jimdo.com/exhibitions-on-line/window-for-took-the-seashore-road-by-lawrence-ferlinghetti/immagine poesia 005

TOOK THE SEASHORE ROAD

Took the seashore road
and sat and watched the sea
A bird became a butterfly
and landed on my knee
Who was the alien
whose land was it
Whose sea ?
She waved a wing tremulously
not sure of anything
the whole world swaying
And I not sure of anything
agreed with everything
that she was saying
As the pollen from her wings
flowered down on me

Lawrence Ferlinghetti

LE DERNIER TRAIN

Par défaut

image Silence pour un dernier voyage

Voyageur de la solitude

A-t-il atteint la sérénité

Aux derniers jours qu’ils lui restent ?

A-t-il été aimé, admiré !

Un éclat de lumière glisse

Jusqu’à lui qui laisse échapper un soupir

Se demandant si sa mère l’a aimé.

C’est elle qu’on appelle

Celle qui vous a gardé dans son ventre

Celle qui a souffert pour vous mettre au monde.

Et celle qui n’est plus là

Pour vous réconforter

Dans les derniers moments.

Chercher à être admiré

Pour combler ce manque

L’avoir été procure certainement

Une satisfaction jouissive

Qui ne dure pas dans le temps.

Avoir été adoré

Mais avoir peur de ce pouvoir

Qui asservit l’esprit

Rester encore dubitatif

Devant une admiration idolâtree.

Avoir été aimé pour ce que l’on est

Pour son caractère quel qu’il soit

Pour son corps affaibli ou laid.

 L’a-t-il vraiment connu?

L’a-t-il accepté ?

L’a-t-il compris ?

Comment croire à un tel sentiment ?

Dans le doute de tous ces gens

Qui nous démontrent par le biais de la publicité

Ce qu’est le vrai Amour

Par la beauté et l’argent.

Tellement d’ombres rôdent,

De promesses douteuses,

Ne pas commettre d’erreurs,

Essayer de vivre encore pourtant.

Et quitter la vie, agoniser

En se demandant encore

Si l’on a été vraiment aimé.

Le dernier train à ne pas manquer est arrivé.

Seul sur le quai

Il part sans regrets

Puisqu’il a aimé.

Emc Eguimendia ©  le 23 Juillet 2014

LES LIVRES OUBLIES

Par défaut

1960798_452020778234932_2437068734359178041_o

Un endroit comme en en voit beaucoup
Une vie passée à s’agiter
A travailler……
Puis plus rien…..
Le Savoir donné aux nouvelles générations
Utilisé à bon ou mauvais escient.
Les livres restent là oubliés,
Bien rangés dans cette friche
Au milieu des éboulis.
Papier jauni,
Et ces mots écrits
Qui essaient de parler du passé……..

EMC EGUIMENDIA © le 19 Juillet 2014

LE PORTAIL DE LA VIE

Par défaut

Image

Le portail de la vie s’ouvre sur des jours incertains

Des jours heureux

Des gens rencontrés par hasard

Des rencontres sans lendemain, parfois.

Tous ces gens qui passent et ne s’arrêtent pas,

Ne vous regardent pas.

Une foule de personnes

Comme dessinée sur une toile.

Une foule mouvante, et pourtant sans vie.

Tous ces êtres humains qui marchent,

Avancent vers un endroit……….Mais lequel ?

Ils bousculent ceux qui se trouvent sur leur passage,

D’un coup de coude,

Sans même perdre le temps de s’excuser…………

Le temps passe si vite,

Il faut le rattraper,

Et surtout ne pas le laisser s’échapper !

Englouti dans ce milieu

Comme dans un tas de couleurs éparpillées sur la toile.

Aucune parole,

Aucun signe de vie,

Si ce n’est que ces couleurs bougent,

Et qu’elles se déplacent dans un brouhaha assourdissant.

On ne peut les retenir pour les découvrir,

Apprendre à les aimer.

Elles fuient, elles courent presque !

Peut-on y déceler le sens du mot Amour ?

Pour qu’enfin cette mouvance colorée puisse se poser sur le tableau

Comme une ambiance chaleureuse,

Et que toutes ces couleurs puissent illuminer 

De vie un petit coin de notre coeur.

Cette vie qui veut rester éternelle même si le corps est déjà mort.

 

 © Marie -Claude EGUIMENDIA le 30 Mai 2014