LE PEIGNE D’OR

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dame

 

[ Une dérive picturale et un texte écrit dans une version atypique et personnelle d’après Des contes et des légendes du Pays Basque ]

 

La campagne chatoyante, un peu sauvage, respire de ses odeurs bucoliques. Les feuilles des arbres frémissent sous le souffle de la brise.

Dans le creux d’un chemin, un berger avance, un bâton à la main, guidant son troupeau de moutons.

Dans le lointain, on entend des oiseaux chahuter. Quand soudain…………le silence………….

Dans la clairière, un trou béant le happe de sa force obscure. Et tout au fond, une lueur inquiétante l’intrigue.

Un peigne d’or luit………..Posé sur la chevelure d’une charmante personne.

Comment ne pas être ébloui par cet être fascinant sans se demander si cet instant est bien réel ?

Devant son miroir, elle tresse ses cheveux d’ébène.

Il fallait oser s’aventurer dans cette grotte sombre, rester à la regarder, immobile, n’osant prononcer une parole.

Elle capte son regard et le son de sa voix s’élève enjoué puis devenant caressant au milieu du silence. Elle lui avoue être prisonnière de cet endroit ne pouvant supporter la vue du monde extérieur.

Alors elle exige de ce pauvre homme qu’il l’enlevât le jour de la St Jean pour effacer le sortilège.

Le jeune berger fasciné n’hésite pas à accepter d’accomplir cette prouesse. Il se sent devenu un preux chevalier !

Elle lui donne rendez-vous au jour de la St Jean. Même s’il est un peu inquiet, il accède à son désir.

Il la prend sur son dos et part dans une course infernale, épris et heureux, rêvant déjà d’une belle histoire.

Dans sa précipitation, il ne s’est pas aperçu qu’il était cerné par un dragon et des animaux redoutables.

Malgré sa promesse, il ne s’était pas imaginé se trouver dans une telle situation.

Cet homme pourtant téméraire, eut tellement peur qu’il laissa sa belle dame à l’entrée de la grotte.

Alors dans un cri terrible, elle s’abandonna à son sort, celui que le temps désormais, la condamne à vivre mille ans dans les ténèbres de ce lieu maudit.

© Marie-Claude EGUIMENDIA le 9 Juin 2015

D’après le récit : La dame au peigne d’or recueilli par Jean-François Cerquand dans LES CONTES POPULAIRES BASQUES de Mixel Esteban

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LE PARI DU MULETIER

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Les deux muletiers 2015 007

 

[ Une dérive picturale et un texte écrit dans une version atypique et personnelle d’après Des contes et des légendes du Pays Basque ]

Le prix à gagner étant d’être le meilleur dans un pari immature. Le remporter sans aucune concession.

On s’interroge alors sur les talents d’un comédien indifférent au désespoir de son ami.

Voilà comment abuser et dépouiller l’autre dans un semblant d’honnêteté.

Impuissant le pauvre muletier se réfugie sous un pont n’osant rentrer chez-lui pour avouer ce désastre à sa femme. Se damner dans un pari auquel il n’aurait jamais dû participer………

Il est perdu dans son désarroi………..Quand dans le début d’une nuit chaotique, une irruption surnaturelle lui apparaît sous les traits d’une belle femme. Il est tout d’abord terrifié.

Est-il victime d’un spectacle de magie noire ?

Est-ce une fée ou une sorginak ?

Elle s’approche et le rassure. Puis elle lui prodigue quelques conseils pour lui permettre de racheter sa faute.

Apporter le réconfort à une mère malade, la délivrer des superstitions qui la rongent et du doute qui s’est insinué en elle.

Alors il part seul sur la route pour la rencontrer et lui conter sa mésaventure.

Il n’est que l’exécuteur d’un personnage suspect, d’une malédiction qui doit être effacée.

La malade se rend compte, et dans son propre reflet du miroir revoit le délit.

Alors elle s’empresse de donner sa confiance dans la force de celui qui est venu la guérir.

L’honnêteté du muletier eut raison de tous ces maléfices. La paix vint en lui.

Quant au parieur vaniteux, il fut emporté dans les eaux tumultueuses de la malédiction des sorginaks.

Ecoutez sous le pont……………On entend encore les clapotements gémissants de ses cris…………..

© Marie-Claude EGUIMENDIA le 5 Juin 2015

D’après le récit : Les deux muletiers rapporté par Julien Vinson dans LES CONTES POPULAIRES BASQUES de Mixel Esteban

LE CHIEN AUX YEUX DE BRAISE

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le chien 2015 003

 [ Une dérive picturale et un texte écrit dans une version atypique et personnelle d’après Des contes et des légendes du Pays Basque ]

Oh la ce chien

Qui me suit

Qui me regarde

De ses yeux de braise.

Ni beau, ni laid,

Son regard vous transperce.

Il est le gardien d’une âme en peine.

Il vous suit

Pour vous rappeler à vos obligations.

Respecter l’être qui a vécu

Et qui gît hors de cette tombe.

Ayez la complaisance

De lui accorder une ultime requête.

Celle de l’honorer lors de votre fête,

Lui accorder le dernier pardon

Avant de savourer le bonheur de vos noces.

Le sorgin (1) vous le suggère !

L’installer à votre meilleure table

Et le traiter comme un roi.

Votre honneur en sera sauf

Et ce chien qui vous regarde

Pourra rejoindre l’âme

De son défunt maître.

© Emc Eguimendia le 22 Mai 2015

Référence au conte : Le chien aux yeux de braise [ Contes Du Pays Basque par Michel Cosem ]

(1) sorgin : sorcier

SAISON D’HIVER

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Saison d'hiver 2014 007

Taire les beaux jours, les souvenirs heureux, les meilleurs moments.

Insensible aux bruits de la ville, à tous ses artifices. Marcher dans la froidure de l’air qui semble vous engourdir.

Les gouttes de pluie transformées en papillons floconneux tourbillonnent. Et se déposent délicatement sur les cheveux, caressent le nez, puis les joues rougies. Pour ensuite s’introduire entre les lèvres endolories.

Un goût d’amertume à peine léger pénètre sa langue.

Alors l’esprit s’éloigne et se laisse envahir de pensées égarées…………

Les pas craquent dans la neige. Ils semblent résonner dans son coeur.

Pourtant son visage s’éclaire d’un sourire. Son âme a rejoint la sérénité.

L’effleurement de toutes ces couleurs clinquantes lui importe peu. Tout celà n’est qu’illusion dans sa paix intérieure…………..

Revenir au temps, où durant cette période, son père l’amenait dans les bois à la recherche du plus beau sapin. Une façon d’honorer Noël !

Marcher à ses côtés, écouter la nature, respirer. Essayer de suivre ses grands pas d’adulte, monter et escalader les côteaux. Entendre son souffle rapide et sentir le froid revigorer le corps.

Avancer dans les broussailles, à travers les ronces.

Et puis enfin avoir les yeux brillants de la joie de la découverte.

Un genévrier, petit arbre de Noël caché dans un bosquet. Ses délicieux arômes musqués titillent les narines, et malgré ses piquants qui blessent les doigts, le bonheur de ce moment partagé reste gravé dans la mémoire………

– Un gros flocon s’acharne sur ses yeux……………

Elle se surprend à penser qu’elle déteste la ville. Cette immensité où règne l’indifférence, elle la subit. Elle l’apprécie néanmoins par nécessité. 

Alors dans sa chambre sous les toits, elle essaie de l’effacer. Elle regarde par la fenêtre  le ciel bleu de l’espoir devenu gris cotonneux.

Elle sait ne pouvoir suivre le mouvement, courir après quelque chose que personne ne peut atteindre.

Elle a déjà lové au creux de son coeur ce petit rien, ce petit brin de vie qui ne se veut pas matérialiste.

ll n’est pas d’ici. Il est d’ailleurs…………..

C’est son père qui lui a fait entrevoir lorsqu’elle était enfant. Elle l’avait presque oublié !

Et aujourd’hui au milieu de l’euphorie des fêtes, ses yeux voient.

Qu’importe ces instants de joie factices. Son plaisir est dans l’intemporel.

L’enchantement renaît d’un éclat de regard croisé dans la rue, d’une voix, d’une odeur. Dans le sourire émerveillé d’un enfant devant les vitrines décorées.

Et pourtant, dans le regard de l’enfant, on perçoit une étincelle de tristesse qui laisse deviner le conflit de la richesse et de la pauvreté.

Ses paupières se ferment sur cette détresse qu’elle ne peut empêcher……………….

Les flocons s’attardent sur son corps qui a froid, et qui tremble de la fièvre de ce que lui offre ce monde.

Ses pas dérapent sur la chaussée glissante.

Elle voudrait courir se réfugier dans sa petite chambre, dans les jours heureux du passé, et retrouver le temps de l’innocence.

Elle voudrait s’endormir dans cette neige immaculée…………

Elle glisse sur les pavés enneigés………..se mord les lèvres, et dans le froid……….elle se souvient………..

Un petit sourire apparaît………

Elle sait qu’elle a déjà quitté ce monde qui n’est plus le sien.

© Marie-Claude EGUIMENDIA                 le 11 Décembre 2014

Le quotidien

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Le quotidien

Il nargue chaque jour de sa langueur, de son passé.

Il lasse et devient routine,

Il se cache sous les rides et les plis de la peau,

Il souille les chairs.

Qu’importe la jeunesse

Puisqu’il s’amuse à jeter son dévolu sur ce corps.

Et dans ses yeux,

Il laisse deviner le dernier soleil couchant

Où il a appris à aimer, à désirer, à détruire.

Le quotidien ne se dérobe pas à l’enveloppe charnelle.

Il séduit de ses beautés superficielles,

Et s’ouvre à la nouveauté,

Aux désirs inavoués.

Il se veut impur, parfois brutal,

Il se reconnaît dans les pleurs d’un enfant

Qui a faim de nourriture et de justice.

Il continue d’offrir sa souffrance au monde en guerre,

Et reste prisonnier de l’indifférence.

Le quotidien d’un confort caché,

Dans son loft aux douceurs enchanteresses,

Apporte quiétude et baume au corps.

A travers les rideaux tirés,

Une fenêtre s’entrouvre laissant transparaître

Un peu de joie, un peu d’espoir.

Mais le quotidien palpite

Aux sons des battements du coeur devenu sourd.

Il avance et se prolonge dans le temps,

Dans chaque histoire, chaque destinée,

Jusqu’à y laisser son empreinte indélibile.

©  Marie-Claude EGUIMENDIA le 3 Décembre 2014

TOOK THE SEASHORE ROAD

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Tableau sur toile 80 x 80 cm Technique mixte signé Emc Eguimendia réalisé d’après un poème de Lawrence Ferlinghetti  »   » dans le cadre d’une exposition virtuelle organisé par IMMAGINE & POESIA

http://immaginepoesia.jimdo.com/exhibitions-on-line/window-for-took-the-seashore-road-by-lawrence-ferlinghetti/immagine poesia 005

TOOK THE SEASHORE ROAD

Took the seashore road
and sat and watched the sea
A bird became a butterfly
and landed on my knee
Who was the alien
whose land was it
Whose sea ?
She waved a wing tremulously
not sure of anything
the whole world swaying
And I not sure of anything
agreed with everything
that she was saying
As the pollen from her wings
flowered down on me

Lawrence Ferlinghetti