LE SOUVENIR D’UN NOM

Galerie

1400187_701494803287527_4852158942606915745_o

[ Une dérive picturale et un texte écrit dans une version atypique et personnelle d’après Des contes et des légendes du Pays Basque ]

Assise à même le sol parmi tous ces tissus colorés, la jeune femme se mord les lèvres en se demandant comment va-t’elle si prendre pour réaliser sept chemises avant la fin de la journée.

Mille pensées l’assaillent.

Elle………..une paresseuse ?

Mais qu’elle idée !

Encore une invention de sa mère !

Elle qui ne sait pas coudre, elle doit réaliser sept chemises pour plaire à un beau Seigneur !

Qui peut l’aider ?

Dans cette chambre au style mauresque, elle se sent impuissante.

Pourra- t’elle honorer la promesse faite au châtelain ?

Les heures passent et la tristesse s’installe dans ses beaux yeux. Alors elle ouvre la fenêtre pensant qu’un peu d’air frais lui redonnera du courage. Et que peut-être écouter le chant des oiseaux apaisera sa crainte.

Au loin, sur le chemin menant au château, la silhouette d’une femme se rapproche et s’avance pour la saluer. La visiteuse lui demande la cause de sa tristesse. Alors lui confiant son désarroi la jeune paresseuse accepte l’aide de l’inconnue.

Un pacte…………………Un pacte avec elle qui sous les traits d’une belle femme n’est autre qu’une sorcière. La confection des sept chemises en échange de son âme…………..

 » Souviens-toi ma belle paresseuse  » lui dit’elle,  » que dans un an, je viendrai te prendre ton âme « .  » A moins que tu te souviennes de mon nom, ce qui annulera le pacte.  »

Rapelle-toi :

« Mari Kirikitoun, hire izenaz nehork orhaituko eztun . » [ Maria Kirikitoun, nul ne se rappellera mon nom. ]

Le soir, les sept chemises étaient éparpillées dans la chambre.

Alors le Seigneur du château ravi épousa la jeune fille paresseuse et la fit instruire afin que son titre de Châtelaine fut reconnu.

Les semaines et les jours se déroulaient dans la douceur et le bonheur. Les heures s’égrenaient avec légèreté, et pourtant la fin de l’année arrivait.

La jeune châtelaine devint triste malgré l’amour et le dévouement de son mari. Rien ne pouvait lui rendre sa gaieté.

Pauvre âme bientôt perdue pour un pacte avec une sorcière……….

Ô désespoir ! Que faire lorsque la mémoire a laissé s’échapper le souvenir d’un nom ?

Le Seigneur ne pouvait se résoudre à voir son épouse dépérir. Il organise une grande fête espérant revoir apparaître la joie dans les beaux yeux de celle qu’il aimait.

Parmi les invités, une mendiante se présente et demande à être reçue par la châtelaine certifiant  lui redonner le sourire.

Une histoire plutôt drôle racontée par cette femme bizarre la fit enfin éclater de rire.

La châtelaine se souvint :

 » Maria Kirikitoun, nul ne se rappellera mon nom.  »

 » Maria Kirikitoun, ton nom  n’est qu’un souvenir !  »

 

© Marie-Claude EGUIMENDIA le 21 Avril 2016

Texte écrit d’après un conte du Pays Basque :  » La châtelaine qui a vendu son âme « .

 

 

Publicités

"

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s