Archives Mensuelles: mars 2014

LE DERNIER CHANT

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Que de souvenirs…………….

L’oiseau-lyre de Prévert sur les bancs de l’école prend son envol lors d’un cours de mathématiques dont j’ai horreur.

Les rayons du soleil printanier me taquinent à travers les vitres de la salle de classe.

Ma pensée se dissipe.

Les mots de l’institutrice deviennent rengaine. Et l’oiseau-lyre se dresse soudainement devant mes yeux.

Je ne puis demeurer plus longtemps au milieu de tout ce babillement lancinant qui devient presque insupportable.

Les jolis sons modulés de cet oiseau se lovent au creux de mon oreille, et je reste suspendue à cette douce mélodie. Même le bruissement des pages des cahiers agrémentent cette composition musicale.

Peu à peu je quitte ce lieu pour suivre cet oiseau paradisiaque. Je cours après lui essayant de voler moi aussi.

Après maints efforts je réalise que je ne sens plus mes jambes ni mes bras. Tout a disparu comme par enchantement !

Je vole !…………………….

Je me laisse porter par le souffle léger du vent. Et alors je ressens une douceur jamais éprouvée auparavant.

Etourdie par tant de changements dans mon corps. Etonnée d’avoir des ailes, j’en éprouve un plaisir grandiose.

Voleter d’arbre en arbre…………….

Chaparder quelques fruits, les picorer………..

Rien ne s’oppose à cette sensation de liberté !

En voulant crier ma joie, qu’elle ne fut pas ma surprise d’entendre des sons musicaux sortir naturellement de ma bouche devenue un bec.

Je suis effrayée sur le moment.

Ne pourrai-je donc plus parler ?

Ma voix humaine m’a t’elle quittée ?………………..

 

L’oiseau-lyre m’entraine dans un bel écrin de verdure ressemblant à un théâtre.

Des milliers de fleurs de toutes les couleurs défroissent leurs pétales sous les chauds rayons du soleil. On dirait une salle de bal où chacun se prépare pour une réception particulière.

D’autres oiseaux se mêlent à cet orchestre champêtre, et leurs chants résonnent jusque dans mon coeur.

L’oiseau-lyre bat la mesure d’une façon impressionnante motivant ses congénères tel un conquistador. Et me signifiant de me joindre à cet ensemble vocal.

J’ai bien envie d’essayer. Pourtant mon chant encore discordant risque de perturber cette scène lyrique. Je m’efforce de faire vibrer mes cordes vocales. J’insiste jusqu’à ce qu’une gracieuse mélodie s’échappe de mon gosier.

Quel enchantement !

Je n’ai jamais su chanter, et voilà que maintenant je sais !

Je suis tellement heureuse que je ne vois pas  un chat roux approcher lentement.

Surprise, puis apeurée. Ne pouvant quitter mon corps d’oiseau…………………….Mon chat adoré me croqua.

Il avala le dernier chant d’un oiseau imaginaire.

Et dans la salle de classe, les rayons du soleil ne jouaient plus sur les vitres.

L’oiseau-lyre avait disparu.

 

Marie-Claude EGUIMENDIA le 16 Mars 2014

( Texte paru sur http://www.defidecrire.wordpress.com/ )

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DIRE

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Dire

Ne pas dire

Faut-il le dire ?

Tu ne sais pas le dire

Tu ne dois pas le dire

ça ne se dit pas !

Alors le non-dit reste au bord des lèvres

Pour ne pas blesser.

D’ailleurs tu ne sais pas

Tu n’as pas le droit.

Ne pas dire et se détruire

Ne pas dire par amour, par amitié

Le garder pour soi

Par peur de perdre l’autre

Par peur des mots

Par peur d’incompréhension

Par peur de ne pas être entendu.

Tu ne sais pas le dire d’ailleurs

Et tu gardes ta bouche fermée

Jusqu’à ce que les mots te dévorent la langue,

Jusqu’au moment où tu ne peux plus les prononcer.

 

MC Eguimendia le 20 Mars 2014

L’INDIFFERENCE

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Contester le silence

Se perdre dans la souffrance

Le visage déformé de douleur

Sans pouvoir crier son innocence.

Rester dans l’indifférence.

Banni d’avoir osé

D’avoir dit la vérité.

Une lutte quotidienne pour survivre,

Essayer de se délester du garrot de l’adversité.

Perdre et rester honnête

Gagner le mépris de l’incompréhension

Coupable d’être différent,

Et d’avoir cru à la bonté humaine.

Se retrouver dans la solitude.

Un râle de cri dans la voix

Qui se meurt lentement.

La mémoire des jours s’échappe

Emportant avec elle

La moindre parcelle de raison.

Oublier l’indifférence.

Oublier ce corps qui ne répond plus,

Enchaîné aux dernières pages d’un vécu.

Dans l’impossibilité de ranimer la flamme

Qui se consume vers la délivrance.

Rester dans l’indifférence

Sans attendre de sollicitude.

Une vie dure

Que nul ne souhaiterait,

Vivre dans l’indifférence.

MC Eguimendia le 19 Mars 2014