Archives Mensuelles: février 2014

UN DOUX MOMENT

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Elle a hâte d’arriver auprès de lui, de passer son après-midi à lui parler des choses de la vie. Lui montrer des photos, des souvenirs…………….

Sur le chemin, ses pas résonnent. Elle ne les entend plus, perdue dans ses pensées.

Parfois le cri d’un oiseau la ramène sur le parcours de la réalité.

Les odeurs de la nature qui renaît lui titillent les narines lui rappelant son enfance lorsqu’elle parcourait la campagne. Ces parfums-là ne s’oublient pas.

Elle aimerait pouvoir les ramener avec elle et les offrir à celui qui l’attend. Car ce que l’on sent ne peut se dire en paroles. Ce sont seulement des sensations, des instants subtils, une euphorie impalpable………….

Elle est heureuse de le retrouver, et marche rapidement pour être plus vite à ses côtés.

Le gravier crisse sous ses bottes. Plus que quelques mètres, et voilà qu’elle grimpe les marches de l’escalier, impatiente de le serrer dans ses bras.

Elle est arrivée. Elle pousse la porte, et enfin le trouve allongé dans son fauteuil.

Il l’attend. Il l’a voit. Et son regard intense la fixe.

Une lueur de joie scintille dans ses yeux.

A sa façon, il accueille sa fille. Lui qui ne peut plus bouger ni parler.

Alors son visage se détend, et ses yeux lui racontent sa joie de la voir. Un doux moment de partage entre le père et sa fille…………..

Elle s’assoie près de lui, et lui prend la main. Cette main si fragile et sans vie, qui a tant travaillé.

Elle dépose un doux baiser sur sa joue fripée tout doucement en signe de salut respectueux. Une larme glisse le long de son visage……………..La présence de sa fille le rend heureux. Il n’est pas seul.

Parfois, elle reste des heures à le contempler. Il s’est assoupi. Pourtant, elle ne peut détacher son regard de ce corps meurtri qu’elle aime tant.

Elle caresse ses mains. Et ce contact apaisant le rassure.

Elle essaie de lui donner sa chaleur et son énergie dans un dernier geste d’amour qu’une fille peut donner à son père……………

MC Eguimendia le 18 Février 2014

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LA PORTE

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La fillette aux boucles d’or gravit les marches quatre à quatre. Les planches grincent sous ses pas.

Une sensation, une perception. Quelqu’un la suit, l’observe.

Tous les soirs, elle monte se coucher avec cette appréhension.

Le couloir est sombre. Ce couloir au fond duquel on aperçoit un escalier de bois à moitié rongé par les années. Pas de lumière, les pièces froides et obscures ne laissent passer aucun rayon de joie.

L’enfant n’ose s’aventurer, elle perçoit de la peur.

L’horreur d’avoir peur du noir, du sombre, de la mélancolie, de la folie…………….

Elle ne peut plus respirer. Elle étouffe, suffoque. L’air ne circule plus et ses narines se pincent. Son coeur palpite et s’emballe.

Sa peau bleuit. Son sang s’engourdit dans les vaisseaux dilatés, prêts à éclater.

Une douleur s’insinue en elle et s’acharne sur son corps; seule dans sa souffrance.

Crier ………..Appeler ? Qui ? Sa mère ?…………………….Puis sentir sa chair devenir flasque jusqu’à quitter ce corps qui lui fait tellement mal.

A-t’elle encore la force de monter ces marches ?

L’effort se ressent jusque dans ses os qui lui semblent s’effriter à chaque mouvement. Un pas puis un autre. La souffrance s’amplifie, et dans ses yeux des perles commencent à luire. Elle les retient précieusement pour ne pas pleurer. Ne pas montrer son désarroi devant son impuissance à être une fillette comme les autres.

Se mordre les lèvres jusqu’à ce qu’une goutte de son sang glisse dans sa bouche…………. L’avaler et en garder le goût de l’amertume.

Elle continue à grimper cet escalier qui lui semble interminable.

Et elle voit d’horribles espèces d’insectes autour d’elle essayant de l’agripper, étendant leurs longues pattes filiformes pour saisir ses belles boucles blondes.

Elle se débat, secoue sa tête de marionnette dans tous les sens. Ebouriffée et étourdie, elle tente de leur échapper.

Ses oreilles résonnent du rire sinistre de ces êtres malfaisants. Elle ne peut crier, prise au piège de son angoisse.

Pourtant elle résiste, trébuche sur une lame de bois vermoulue, tombe presque sur le bord de la marche.  Son genou lui hurle sa douleur. Alors un regain d’énergie la surprend, et elle se hisse au sommet.

La sueur de l’effroi perle encore sur son front…………….

Cette porte tant désirée est là, prête à s’ouvrir sur la sérénité de son avenir.

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MC Eguimendia le 4 Février 2014