Archives Mensuelles: décembre 2013

SOUS LA PLUIE

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_ Une larme perle et roule sur sa joue froide.

Assise en terrasse, elle écoute la pluie danser sur les pavés gris bleutés. Des reflets de lumière scintillent et jouent de leurs éclats dans ses yeux qui lui font mal d’avoir tant pleuré.

Des passants se dépêchent d’aller s’abriter, et leur parapluie les cache de son regard. Bien qu’elle ne les voie plus à travers ce voile humide qui s’est formé devant ses yeux.

Son chagrin la ronge insidieusement.

Si elle pouvait émerger de ce mauvais rêve !

Comment une jeune femme si gaie et si souriante peut-elle être triste ?

Son dynamisme fascinait son entourage. Elle donnait l’impression d’une personne désinvolte.

Pourtant, elle n’a pu empêcher d’entretenir une erreur pitoyable qui l’a conduite au désastre.

_ Ce soir, à la nuit tombante, les chants de Noël résonnent dans les rues jusqu’à ses oreilles qui lui font tellement mal d’avoir trop entendu d’horreurs, de ne pas avoir été ce que l’on attendait d’elle.

Son coeur battait la chamade chaque jour qui lui était donné. Puis le silence s’est glissé dans sa vie.

Sa joie l’a quittée. Elle a perdu peu à peu conscience de son existence physique.

Maintenant, il est trop tard………….

Son corps est envahi d’une douce torpeur tel un poison imprégnant sa chair de douloureuses stigmates.

_ Et ce soir, en ce jour de fête, on entend plus que le cliquetis des gouttes de pluie sur le pavé.

Assise, ne pouvant se lever, sa tristesse laisse échapper un râle d’agonie à peine perceptible.

Elle n’a plus la force, plus le courage…………….

_ Des rires au loin, cachés sous les parapluies. Des rires de joie et de fête pour célébrer Noël lui déchirent le coeur.

Et puis, elle a senti ce soir, une fois de plus, combien lui manquait la personne qu’elle aimait le plus au monde……………

MC Eguimendia le 21 Décembre 2013

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Sensibilité

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Jamais elle n’avait paru si nue et si transparente.

Assise par terre, d’un air résigné, dans le silence du lever du jour. Dans le jardin de la vie, elle se revoit riant et criant sa joie. Aimant de toute son ardeur, et le proclamant haut et fort.

La souffrance de son enfance désormais enfouie lui donne la force d’être elle-même.

Il est fini le temps où elle craignait les moqueries. Elle laisse dire tous ces ragots.

 » –  Ma fille, tu es dans l’erreur !

– Tu dois te cacher,

– Tu dois souffrir,

– Aimer et mourir.  »

Cette musique lancinante de sons incohérents la pénètre et la fait frissonner.

Il y a des instants où cette mélodie disgracieuse s’estompe. Le froid s’est évanoui, elle sourit et chante.

Alors, elle apparaît stupéfiante, presque fière. Une frêle créature remplie de joie agréable à regarder comme un joli fruit pas tout à fait mûr.

Les sons musicaux des bavardages reviennent lui susurrer:

 » – Bats-toi !

– Existe, sois dure, blessante et exigeante !

– Ta vie est ainsi faite !

– Acceptes-la !

– Ne sois pas simplette et naïve !

– La gentillesse n’est qu’intérêt, la simplicité de la médiocrité !

– Les sentiments n’existent pas !  »

Et la Sensibilité ?

Une jeune fille nue et presque transparente, un matin, s’en est allée, par pudeur.

MC Eguimendia le 11 Décembre 2013